mardi 22 février 2011

La Révolution du jasmin pourrait un jour secouer Cuba

La « Révolution du jasmin » a créé une onde de choc qui se fait déjà sentir sur l’ensemble du monde arabe. En même temps, il n’existe pas de raison pour qu’elle n’étende pas son impact salutaire à d’autres coins de la planète où des gérontocraties, plus cruelles encore que celles de Ben Ali et de Moubarak, se maintiennent uniquement à force de répression.

Les conditions pour un bouleversement comme celui qui touche les pays arabes paraissent être réunies aussi à Cuba. On peut en effet déceler des similarités intéressantes entre, d’un côté, la situation qui a mené à la Révolution du jasmin en Tunisie et, de l’autre, les vicissitudes de la population cubaine. Voici les similarités.

Absence de perspectives pour les jeunes générations. A l’origine de la Révolution du jasmin se trouve la désespérance des jeunes, notamment ceux qui, détenteurs d’un diplôme universitaire, avaient du mal à trouver un poste à la mesure de leurs qualifications. A Cuba, on a affaire à un chômage déguisé : les jeunes diplômés sont certes absorbés par l’Etat, mais ils n’en sont pas moins sous-utilisés dans des emplois fort mal rémunérés (au-dessous de 20 euros par mois en moyenne). La meilleure preuve qu’un tel chômage déguisé atteint des magnitudes considérables a été fournie par le président Raúl Castro lui-même ; il a déclaré, non sans un certain mépris envers son propre peuple, que Cuba ne pouvait pas continuer à être le seul pays au monde où l’on peut vivre sans travailler.

Les perspectives pour la jeunesse, et pour la population cubaine en général, risquent de s’assombrir davantage. L’Etat, qui emploie 85 pourcent de la population active (5,2 millions) s’apprête à licencier 1,3 million d’employés au cours des prochaines années – 500 mille dans les tout prochains mois. Or, le secteur privé se limite à des activités rudimentaires et n’englobe à l’heure actuelle que 800 mille personnes ; on voit mal comment ce secteur pourrait presque doubler de taille en quelques mois et devenir une source de revenu décent pour le demi-million de Cubains qui seront bientôt rayés des fiches de paye de l’Etat.

On serait aussi bien avisé de ne pas se faire trop d’illusions sur l’ampleur de l’ouverture économique envisagée par le régime cubain. Preuve des restrictions qui continueront à peser sur l’initiative individuelle : aucun restaurant privé ne pourra avoir plus de vingt chaises (avant la réforme, la limite était de douze chaises). Comment, avec des contraintes si ridicules, pourrait-on miser sur l’éclosion d’un secteur privé moderne et dynamique ? On est loin du fameux « Enrichissez-vous » lancé en Chine en 1978 par Deng Xiaoping pour donner le top départ à un « socialisme de marché » qui aura permis l’impressionnant essor économique de l’empire du Milieu au cours des trois dernières décennies.

Les Cubains sont encore voués à pâtir d’une autre mesure programmée par l’Etat : la suppression du carnet de rationnement, qui permet aux gens d’acquérir, à des prix inférieurs à ceux du marché noir, une partie des produits de première nécessité dont ils ont besoin chaque mois. Dans un pays où il y a pénurie de tout, l’élimination du carnet en question se traduira forcément par une détérioration supplémentaire des conditions de vie de la population.

Des immolations dues au désespoir. En Tunisie, la Révolution du jasmin a commencé lorsque Mohamed Bouazizi, un jeune diplômé de 26 ans, décida de se donner la mort par le feu après que la police lui interdit de vendre des fruits et légumes dans la rue. A Cuba, Orlando Zapata, un ouvrier de 42 ans emprisonné pour avoir critiqué le régime, est mort d’une grève de la faim qu’il avait entamée en protestation contre les conditions inhumaines de son emprisonnement.

Indolence de la communauté internationale. Ce ne fut que trois jours après la chute de Ben Ali que l’Internationale socialiste, si prompte à donner des leçons de morale à tout le monde, décida d’exclure le parti du dictateur tunisien de la liste de ses membres. Quant à Cuba, l’Organisation des Etats américains décida en 2009 de réadmettre ce pays en dépit du fait que Cuba n’a pas permis la tenue d’élections libres depuis une cinquantaine d’années – ce qui contrevient à la Charte de la propre OEA, laquelle stipule que la démocratie représentative est « indispensable pour la stabilité, la paix et le développement de la région ».

Les deux régimes auront également joui de la bienveillance complice du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. La Tunisie de Ben Ali réussit sans grande difficulté l’examen entrepris en octobre 2008 par cette instance onusienne sur la situation des droits de l’homme dans ce pays. Et en 2010, Cuba se vit confier par acclamation la vice-présidence de l’auguste Conseil. Les peuples de ces deux pays ne peuvent malheureusement compter que sur eux-mêmes pour conquérir la liberté.

L’effet Wikileaks. La divulgation par Wikileaks de courriels échangés par des membres du gouvernement américain au sujet du régime de Ben Ali – décrit comme un système maffieux – est censée avoir donné du tonus au peuple tunisien dans son désir de se révolter. Quant à Cuba, Wikileaks pourrait avoir à terme des effets non moins dévastateurs pour le régime de ce pays : un des papiers obtenus par Wikileaks fait état de l’exaspération d’un diplomate chinois, et des propos railleurs de diplomates d’autres pays, face aux entraves que les autorités cubaines imposent aux investissements, y compris étrangers[1]. Les jeunes élites cubaines, désireuses de jouer un rôle constructif à l’avenir, pourraient bien prendre conscience de la nécessité de jeter par-dessus bord des aberrations idéologiques d’un autre temps qui font l’objet de moqueries ou de critiques dans les milieux diplomatiques de La Havane et qui empêchent leur pays de tirer profit de la mondialisation de l’économie.

En Tunisie, Ben Ali était parvenu nà décimer toute opposition, mais il n’a pas tenu longtemps face à la confluence de deux facteurs : primo, la détermination des Tunisiens à manifester massivement leur mécontentement et à réclamer la liberté ; secundo, et non moins important, le refus d’un secteur clé du régime – en l’occurrence l’armée – de jouer le jeu de la répression pour prolonger de quelque temps le règne d’une gérontocratie déconnectée de la réalité et condamnée par la biologie et l’histoire à disparaître. Ces mêmes facteurs pourraient aussi un jour se mettre à l’œuvre dans la belle île des Caraïbes et parvenir à y instaurer une véritable démocratie.

[1] « La Havane : chronique d’un effondrement économique annoncé », Le Monde, 17 décembre 2010.

Source: 24heures


  • Home
  • samedi 19 février 2011

    Cours magistral sur la cyber-opposition par un agent secret cubain


    La vidéo d'une conférence publiée sur le site de partage Vimeo montre un homme qui donne un cours accéléré sur les médias sociaux et le Web devant un parterre d'agents de renseignement cubains. Une démonstration pendant laquelle il explique que les blogs d'opposition sont financés par les États-Unis pour assurer "la contre-révolution à Cuba".

    L'instructeur de ce cours a été identifié par le blog Penultimos Dias comme un officier de renseignement travaillant pour le ministère de l'Interieur. Il s'appellerait Eduardo Fontes Tato Suarez. Il explique pendant une heure comment les nouvelles technologies sont utilisées par les cyber-militants du monde entier. Et comment selon lui les États-Unis "tentent de transformer les blogueurs en une nouvelle catégorie d'ennemis de l'État".

    Le "professeur" Fontes poursuit en soulignant que les blogueurs comme Yoani Sanchez (Observatrice de longue date de FRANCE 24), auteur du blog Génération Y, sont très suivis sur Twitter et risqueraient d'organiser à La Havane des manifestations similaires au "mouvement vert" lancé sur Internet en Iran en 2009.

    Eduardo Fontes assure que les ONG fondées par les jeunes générations americano-cubaines sont différentes des "groupes terroristes historiques comme la Cuban American National Fundation [CANF, basée à Miami]". Historiquement, les activistes cubains en exil tels que la CANF exercent un lobbying à Washington auprès des parlementaires pour défendre avec acharnement les mesures anti-Castro comme l'embargo décrété par les États-Unis et l'interdiction de voyage des citoyens américains sur l'île. Mais ces dernières années, les jeunes générations d'Américains d'origine cubaine ont tenté de promouvoir une libéralisation politique entre les États-Unis et Cuba. Et contrairement à leurs aînés, affirme Eduardo Fontes, ces nouvelles ONG et leurs communautés en ligne ont le pouvoir de "tromper la jeunesse cubaine" en présentant la révolution cubaine sous un jour négatif.
    Cette vidéo a été tournée en juin 2010, mais elle n'a fuité sur Internet qu'il y a quelques jours. Elle a particulièrement attiré l'attention à un moment où Internet et les réseaux sociaux sont utilisés par les jeunes à travers le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord pour organiser des émeutes anti-gouvernementales qui ont déjà abouti à la chute de Ben Ali en Tunisie et d'Hosni Moubarak en Égypte.

     Extraits sous-titrés en français par France 24. Pour la vidéo en intégralité voir ci dessous.

     

    "Comme ils le reconnaissent eux-même dans cette vidéo, nous [Roots of Hope] sommes une menace pour eux."


    Felice Gorordo est le co-fondateur de Roots of Hope [Les racines de l'espoir], une des organisations que Eduardo Fontes attaque dans la vidéo. Roots of Hope a organisé le concert de la rockstar colombienne Juanes en septembre 2009. Dans la vidéo, Eduardo Fontes blâme Roots of Hope d'avoir voulu annuler le concert. En fait, Juanes avait menacé de tout annuler si Cuba refusait d'assouplir les mesures de sécurité.

    "Comme ils le reconnaissent eux-même dans cette vidéo, nous [Roots of Hope] sommes une menace pour eux. Il est clair que le gouvernement cubain ne sait pas comment gérer notre message apolitique qui ne vise qu'à accroître les contacts entre les Cubains de l'île et les Cubains exilés."

    Suite à la légalisation de l'accès à la téléphonie cellulaire en 2008 par le président Raul Castro, Roots of Hope a lancé un projet qui vise à donner à chaque Cubain un téléphone portable neuf dont il pourrait se servir à sa guise.

    Internet à Cuba ne fonctionne pas comme dans d'autres pays communistes tels la Chine ou le Vietnam, où le Web est généralement accessible en dépit d'un niveau élevé de contrôles gouvernementaux. À Cuba, l'accès à l'Internet légal n'est disponible que pour un groupe privilégié de représentants du gouvernement et de médecins ou en achetant des cartes prépayées dans des hôtels qui coûtent l'équivalent de 12 euros l'heure. Sachant qu'à Cuba, le salaire moyen est d'environ 15 euros par mois, Internet est un luxe pour la plupart des Cubains. Ce prix prohibitif est aussi une forme efficace de censure gouvernementale. La plupart des Cubains se connectent donc illégalement en ayant des connexions extrêmement lentes.

    "Le gouvernement a le pouvoir d'appuyer sur le bouton qui coupe Internet plus rapidement et plus longuement qu'Hosni Moubarak l'a fait en Égypte"

    Ernesto Hernandez Busto vit à Barcelone. Il est essayiste et rédacteur en chef du blog Penultimos Dias. Dans la vidéo, Eduardo Fontes l'accuse nommément d'être à la solde de la CIA.

    "Le gouvernement est le seul fournisseur d'accès Internet existant à Cuba. Il a le pouvoir d'appuyer sur le bouton qui coupe Internet plus rapidement et de manière plus efficace que le président Hosni Moubarak l'a fait en Égypte. Cette vidéo est vraiment la preuve que la mentalité de la guerre froide subsiste encore aujourd'hui.

    Ce que nous voyons aussi, c'est que le gouvernement cubain est à un carrefour. D'une part, ils comprennent qu'ils ont un besoin urgent d'Internet pour fonctionner, en particulier avec la nouvelle série de réformes économiques qu'ils envisagent de mettre en œuvre dans les années à venir. Les gestionnaires d'hôtels doivent être en mesure de répondre à la demande et organiser l'accueil des clients par e-mail, de même que les policiers doivent être en mesure d'envoyer des documents par voie électronique d'une ville à l'autre.

    D'autre part, ils savent qu'en donnant un accès internet à l'île par l'installation d' un câble sous-marin, ils ne pourront plus contrôler à 100 % les connexions. Quand une personne se connecte à la Toile, le gouvernement cubain peut tenter de la censurer, mais jamais de la contrôler complétement."

    Ci-dessous la vidéo originale non sous-titrée en intégralité. Pour une transcription complète en anglais cliquez ici.


  • Home
  • mardi 15 février 2011

    Deux dissidents cubains «expulsés» de leur prison

    Hector Maseda (g) et Angel Moya.
    Deux dissidents politiques cubains ont été libérés contre leur gré, samedi. Hector Maseda et Angel Moya voulaient demeurer en prison tant que tous les autres opposants au régime arrêtés en 2003 ne seraient pas remis en liberté.

    La décision de libérer Angel Moya avait été annoncée il y a une semaine, mais l'homme qui est l'époux de Bertha Soler, l'une des dirigeantes des Dames en Blanc, a déclaré qu'il n'était pas sorti de son plein gré, qu'il exigeait un pardon inconditionnel de la part des autorités et non seulement une libération conditionnelle.

    Vendredi, l'Église catholique avait fait part de la décision du gouvernement cubain de relâcher Hector Maseda, mais ce dernier refusait également les conditions de sa remise en liberté.

    Finalement, les officiers de la prison ont tout bonnement expulsé les deux dissidents en leur signifiant qu'ils ne pouvaient pas rester derrière les barreaux.

    Les deux hommes sont arrivés à leur domicile de la Havane quelques heures plus tard où des partisans les attendaient pour les acclamer.

    Le gouvernement cubain avait décidé en juillet de faire sortir de prison les activistes et les leaders de l'opposition dont le nombre avait atteint 52 au cours des dernières années. Quarante-et-un de ces dissidents avaient été libérés dans les semaines suivant la décision et tous se sont exilés en Espagne sauf un.

    Hector Maseda et Angel Moya ont toutefois décidé de rester à Cuba et de poursuivre leur action.

    ANNE-MARIE GARCIA

    Source: Métro Montréal




  • Home
  • jeudi 10 février 2011

    La fibre optique arrive à Cuba, mais pas la liberté de surfer

    Le câble est arrivé.
    Avec l'arrivée cette semaine d'un câble de fibre optique du Venezuela, Cuba va multiplier par 3000 sa capacité de connexion à internet, une chimère pour la grande majorité des Cubains, privés d'accès à la toile en pleine cyberguerre entre opposants et autorités.

    Symbole politique autant que progrès technique, le câble sous-marin qui devait arriver mardi sur les côtes cubaines, à 1600 km du Venezuela, apporte pourtant un potentiel de développement inédit à Cuba, où toutes les liaisons internet, passant par satellite, sont lentes et chères.

    Seul un Cubain sur dix est un internaute, selon les chiffres officiels.

    Le câble n'est pas une «baguette magique» et il faudra encore beaucoup investir dans les infrastructures pour ouvrir l'accès internet aux Cubains, a expliqué lundi le vice-ministre de l'Informatique, José Luis Perdomo.

    Il n'y a «aucun obstacle politique» à cette ouverture, a-t-il souligné en concluant que pour le moment cet accès à la toile restera réservé à un «usage social» : institutions, universités et certaines professions tels que médecins ou journalistes.

    «Notre priorité est de poursuivre la création de centres d'accès collectifs et de renforcer les connexions des centres de recherche scientifiques, universitaires et médicaux», soulignait la semaine dernière le vice-ministre.

    Hors cet «usage social», l'accès au courrier électronique est possible dans quelques cybercafés d'État des grandes villes du pays, pour un coût d'environ 2 dollars l'heure.

    Les grands hôtels offrent également un accès internet à leurs clients, généralement étrangers, au prix de 7 dollars de l'heure. Totalement dissuasif dans un pays où le salaire moyen d'un employé est de l'ordre de 27 dollars par mois.

    Pourtant, quelques blogueurs et autres dissidents s'efforcent de contourner ces difficultés, en faisant actualiser depuis l'étranger leurs sites.

    Les autorités cubaines sont très sensibles aux tentatives de «subversion» orchestrées selon elles depuis les États-Unis via les sites sociaux comme Facebook ou Twitter.

    Depuis une semaine, une vidéo de près d'une heure circule sur la toile (vimeo.com/19402730) où un expert cubain non identifié détaille devant un parterre de responsables présumés du ministère de l'Intérieur comment «l'ennemi» américain soutient la «cyberdissidence» contre Cuba.

    «Il est en train de se constituer un réseau de mercenaires virtuels qui ne sont pas les contre-révolutionnaires traditionnels», affirme l'expert en citant en exemple la bloggeuse Yoani Sanchez, très critique à l'égard du gouvernement cubain sur son blogue «Generacion Y».

    Dans un premier temps, beaucoup de Cubains espèrent que si l'accès reste limité, au moins les prix puissent baisser.

    «Puisqu'on passe d'une liaison satellite lente et chère à une liaison par câble, il serait bien que les prix baissent, car tous les Cubains ne peuvent pas se le permettre», expliquait à l'AFP Yenier Garcia, un ouvrier de 36 ans qui faisait la queue lundi devant un cybercafé de La Havane pour envoyer un courriel à un ami en Suisse.

    Mais la bloggeuse Yaoni Sanchez a déjà des doutes : «les fibres de ce câble sont déjà marquées du nom de leur propriétaire et de son idéologie», écrit-elle sur son blogue : «cette connexion sous-marine me paraît plus destinée à nous contrôler qu'à nous relier au reste du monde».

    Pourtant, avec ce lien par fibre optique, «il sera plus difficile de nous convaincre que nous ne pouvons pas avoir YouTube, Facebook, Gmail au bout des doigts», souligne la blogueuse en prédisant que «personne n'empêchera que nous employions ce câble pour faire quelque chose de bien différent des projets de ceux qui l'ont acheté».

    Source: Technaute CyberPresse


  • Home
  • lundi 7 février 2011

    Libération de prisonniers politiques à Cuba

    Guido Sigler Amaya.

    Selon l’AFP, Oscar Sanchez, un dissident au régime Castro, a annoncé la libération de Guido Sigler, un prisonnier politique qui refusait de monnayer sa libération contre l’exil en Espagne. Freinée en novembre dernier, la libération des prisonniers politiques conclue avec l’Eglise catholique reprend son cours normal car d’autres libérations sont en vue.


    Condamné en 2003 à 20 ans de prison, l’économiste Guido Sigler est libéré en février 2011 et peut enfin retrouver les siens à Matanzas, une province située à l’Est de la Havane. Sa libération intervient après celle d’Arnaldo Ramos, celui-ci a reçu l’autorisation de rester sur le territoire cubain, contrairement à ses pairs qui n’étaient libérés qu’à la condition de s’exiler en Espagne. A son tour, Sigler n’est pas tenu d’aller en exil en Espagne mais il projette rejoindre ses frères aux Etats-Unis. Il s’agit de Miguel qui a été libéré en 2005 pour des problèmes de santé et d’Ariel qui est sorti en juin 2010. Juan Francisco, un autre frère de Sigler, confie à l’AFP que sa famille respecte entièrement le choix de Sigler d’aller aux Etats-Unis. Négociatrice de la libération des prisonniers politiques, l’Eglise catholique a annoncé qu’Angel Moya sera libéré avec Sigler. Interrogée, Berta Soler, l’épouse de Moya affirme avoir parlé à son mari au téléphone mais qu’il n’était pas encore question de sa libération, du moins pas à sa connaissance. Guido Sigler est la 42 ème personne sur les 52 prisonniers politiques qui doivent être libérés par le régime Castro. L’archevêché est confiant quant à la poursuite des libérations.

    Par ailleurs, il est fait état de l’incarcération d’une centaine d’opposants au régime cubain. Mais Cuba soutient qu’il n’en n’est rien et qu’il s’agit simplement de mercenaires œuvrant pour le compte des Etats-Unis avec lesquels il a rompu toute relation diplomatique depuis plus de 50 ans maintenant. Pendant que l’archevêché se réjouissait de la reprise des libérations des prisonniers politiques, un procureur cubain affirme qu’il va requérir 20 ans de prison contre Alan Goss, un américain arrêté sur l’île pour espionnage le 3 décembre 2009. Washington soutient que Goss est simplement un employé de l’entreprise Developpment Alternatives, sous-traitante qui travaille à la facilitation de la communication de la communauté juive d’avec l’extérieur. Mais Cuba est loin d’accepter une telle explication, pour lui, Goss a été arrêté en train de distribuer du matériel de communication hautement performant aux opposants. Il est donc poursuivi pour atteinte à l’intégrité territoriale et devra en répondre devant les juridictions compétentes.

    Source: Pipelette


  • Home
  • lundi 31 janvier 2011

    Cuba. Nouveau tour de vis

    Guillermo Farinas arrêté par la police de Castro.
    La violation de l'exercice des droits, civiques, politiques, économiques et culturels à Cuba inquiète à nouveau. Nombreux sont les prisonniers politiques arrêtés de manière arbitraire récemment.

    Hausse des arrestations pour motifs politiques, réformes économiques réduisant le nombre d'emplois... La Commission cubaine des droits de l'Homme et de réconciliation nationale (CCDHRN), illégale mais tolérée, s'inquiète pour l'avenir, craignant des manifestations qui pourraient être durement réprimées. La situation de l'opposant cubain Guillermo Farinas, prix Sakharov 2010 pour la liberté de pensée du Parlement européen, illustre le propos. Il a été libéré hier après avoir été arrêté la veille pour la deuxième fois en 24heures, a annoncé sa mère Alicia Hernandez. «Il est rentré à la maison. Ils l'ont libéré. Il est fatigué, mais ça va», a-t-elle affirmé. Interpellé durant sept heures mercredi, Guillermo Farinas a été arrêté de nouveau jeudi après-midi place de la Révolution, en plein centre de Santa Clara, alors qu'il se dirigeait avec une douzaine d'opposants vers un poste de police pour protester contre la détention d'autres militants, selon sa mère. Elle vit avec son fils, un ancien militaire de 49ans, psychologue et cyberjournaliste, qui affirme avoir mené 23 grèves de la faim depuis les années 1990.

    Nombreuses détentions de courte durée

    La CCDHRN avait prédit une détention de courte durée la veille. Pour son président, Elizardo Sanchez, le gouvernement pratique une «répression de faible intensité» contre l'opposition, en procédant à de nombreuses détentions de courte durée. La police a justifié l'arrestation par le «scandale public» que les opposants auraient provoqué en s'en prenant aux autorités, lors de la tentative de déloger une famille qui occupait illégalement un logement, avait-il précisé. Dans son rapport annuel publié jeudi, la CCDHRN juge que «la situation actuelle des droits de l'Homme est très défavorable, avec une nette tendance à empirer à court et moyen terme», même si le nombre de prisonniers politiques est tombé à 105 à la fin de l'année, contre 201 en janvier2010. Elle a enregistré 2.074 arrestations arbitraires pour motifs politiques en 2010 contre 870 en 2009. Les perspectives sont «inquiétantes», estime la CCDHRN, en raison de «l'absence de volonté politique des plus hautes instances pour introduire des réformes mettant fin à l'inacceptable criminalisation de l'exercice des droits civiques, politiques, économiques et culturels».

    «Voyage vers nulle part»

    «Aux mains d'une poignée de dirigeants octogénaires et erratiques qui ont toujours sous-évalué l'importance cruciale des droits civiques, Cuba semble entamer une nouvelle étape de son? voyage vers nulle part ?», conclut le rapport. La commission estime que les réformes économiques lancées par le gouvernement de Raul Castro, qui incluent notamment l'élimination de 500.000 emplois publics et de divers subsides, «pourrait conduire à une augmentation des manifestations de mécontentement des citoyens, auxquelles le régime répondra par une répression pure et dure, et conduire à davantage de violations des droits civils, politiques, économiques et sociaux».

    Source: Le Télégramme


  • Home
  • dimanche 23 janvier 2011

    Cuba nie le problème de la prostitution, dénonce un journaliste

    Avant 1959, La Havane était réputée comme le «bordel des Amériques». La Révolution cubaine a fait le ménage dans les maisons closes qui pullulaient dans la capitale. Mais la prostitution a-t-elle disparu de Cuba? Pas du tout, dit l'écrivain et journaliste cubain Amir Valle. Dans son livre La Havane-Babylone (éditions Métailié), il raconte comment le tourisme encourage la prostitution des jeunes Cubains. Et les Canadiens n'y sont pas étrangers.

    On entend souvent dire que, avant la Révolution, Cuba était le «bordel de l'Amérique». Aujourd'hui, le régime affirme que la prostitution a disparu. Quelle est la réalité?

    Il veut continuer à faire croire au monde que Cuba est un paradis. Les données statistiques présentées dans mon livre - qui montrent l'ampleur du phénomène, ses effets sur la société cubaine et sur les milliers de Cubains et de Cubaines qui se prostituent à cause du tourisme - sont des données que j'ai obtenues des autorités cubaines. Ce ne sont pas des données publiques, on ne peut les consulter librement. Quand j'ai demandé aux institutions de voir ces données en tant que journaliste, on ne m'a même pas laissé voir les documents. Puis, par diverses voies, les fonctionnaires m'ont clandestinement obtenu des photocopies de ces documents. Le livre montre une chose: le gouvernement cubain a toujours su qu'il y avait de la prostitution, que le fléau grandit d'année en année, mais il n'a pas pris soin de régler le problème quand il en était encore temps.

    Vous avez déjà travaillé à l'Office du tourisme de Cuba et expliqué comment la femme cubaine est utilisée dans les publicités. Pouvez-vous nous l'expliquer?

    J'ai entendu de hauts fonctionnaires du Parti communiste dire que c'était une erreur de ne vendre aux touristes que des plages, des cigares et du rhum. Le meilleur produit de consommation que nous avions était la beauté des femmes. Et je me souviens qu'ils avaient rejeté deux campagnes publicitaires destinées aux marchés italien et espagnol, parce que les femmes y étaient habillées et en second plan dans l'image. Ils ont dit de mettre ces femmes au premier plan et que ce serait beaucoup mieux si elles étaient en maillot de bain. De nombreux publicitaires cubains ont des centaines d'histoires de ce genre. Il y a une chose dont je me souviendrai toujours: quand l'un de nos graphistes a présenté la publicité d'un nouvel hôtel à Varadero, Fidel Castro lui-même a déclaré: «Il n'y a qu'un problème... La vue sur la plage est excellente, la photo de l'immeuble est impressionnante et les gens représentés donnent une touche de familiarité, mais... ce serait mieux si on voyait au premier plan une belle femme mulâtre que les touristes remarqueraient avant tout. Je pense que vous savez mieux que moi que l'expérience de la publicité nous a montré que le corps d'une femme vend mieux qu'un bâtiment.»

    Quelle est la réputation des touristes canadiens dans le milieu de la prostitution cubaine?

    Elle n'est pas bonne. Quand le phénomène de la prostitution a pris de l'ampleur, au début des années 90, les principaux visiteurs à Cuba venaient d'Espagne, du Canada, du Mexique et de l'Italie. Chez les travailleurs du tourisme, les Canadiens avaient une mauvaise réputation parce qu'ils ne consommaient rien, laissaient rarement du pourboire et, souvent, ne nous saluaient même pas, contrairement aux touristes espagnols, italiens ou mexicains. On appelait les Canadiens les «petites bouteilles», parce qu'ils se tenaient toujours en groupe, ne se parlaient qu'entre eux et allaient jusqu'à apporter du Canada les bouteilles d'eau en plastique qu'ils buvaient à Cuba. Aussi, malheureusement, bon nombre de ces touristes étaient des amateurs de tourisme sexuel. On a d'abord vu les premiers signes de tourisme sexuel dans des voyages organisés pour les personnes âgées, principalement dans l'est du pays: les plages et les hôtels du parc Baconao, à Santiago de Cuba et à la plage de Guardalavaca, à Holguín, qui ont accueilli beaucoup de touristes canadiens dans les dernières années. Je sais que ça peut être difficile à entendre pour la population canadienne, mais je mentirais si je ne disais pas que c'était très fréquent, en ce temps-là, de voir des Canadiens âgés marcher au bras d'une belle fille cubaine qui n'avait pas 20 ans, ou de les voir tenir la main de jeunes Afro-Cubains.

    Les Cubains utilisent le terme jineteras (cavalières) pour désigner les prostituées. Banalisent-ils la prostitution? Est-ce devenu un travail «acceptable» ou «commun»?

    La jinetera est depuis de nombreuses années une figure acceptée par la société cubaine. Avant la Révolution, les prostituées se trouvaient tout en bas de l'échelle sociale. Elles étaient des perdantes. Mais aujourd'hui, la prostituée est considérée comme une figure de succès car elle a la plupart des choses que le reste des Cubains n'ont pas: elle a de l'argent, elle peut se payer les hôtels et des discothèques à la mode, elle peut mettre de la bonne nourriture sur sa table et peut même voyager, toutes dépenses payées, avec son amant étranger. Elle a une vie décente au milieu de la catastrophe économique que connaît le pays, mais elle exerce un travail indécent. En règle générale, aujourd'hui, les Cubains ne condamnent pas la prostituée, ils la considèrent comme une personne qui lutte pour survivre.

    De nombreux touristes semblent affirmer que les adolescents cubains sont en contact avec le sexe tôt dans leur vie et qu'on ne peut parler de prostitution juvénile dans leur cas. Qu'en pensez-vous?

    J'ai rencontré et interviewé des centaines de prostituées de moins de 16 ans. Il existe aujourd'hui, à La Havane, un secteur très fort de la prostitution et on a déjà réalisé plusieurs vidéos et documentaires sur le sujet: il s'agit de filles de moins de 15 ans, à l'école secondaire, influencées par des camarades de classe, qui recherchent des touristes pour se prostituer. Dans mon livre, je dis que, pour cette raison, nous pouvons dire qu'il y a de la prostitution juvénile à Cuba. Il est vrai que, dans l'île, il est normal que les filles aient des rapports sexuels avec leur petit ami dès l'âge de 13 ans. Dans les zones rurales, il y a même des filles qui sont mères à cet âge. Mais cela ne signifie pas qu'elles ne sont pas de jeunes filles. À Cuba, la loi fixe la majorité à 18 ans. Et si l'on considère qu'un grand nombre de prostituées ont entre 14 et 17 ans, alors nous pouvons parler de prostitution juvénile. En outre, comme le gouvernement lui-même a opéré des descentes de police contre la prostitution juvénile, il sait que les cas graves de ce type de tourisme sexuel sont surtout le lot d'étrangers venus d'Italie, de Grèce et d'Espagne.

    La corruption semble empêcher la police de lutter efficacement contre la prostitution. Y a-t-il une volonté des autorités pour l'éliminer ou la limiter?

    Il y a quelque temps, nous avons entendu un représentant du gouvernement dire que la Révolution avait beaucoup de choses plus importantes à faire que de prendre soin de la virginité des femmes cubaines. Et c'est encore ce qu'il pense aujourd'hui. Je suis frappé, par exemple, par le fait que les institutions qui devraient étudier les moyens d'endiguer ce phénomène disent que la prostitution a diminué, alors que c'est tout le contraire. Je trouve malhonnête que Mariela Castro, fille de Raúl et directrice du Centre national d'éducation sexuelle, parle tout le temps de la liberté que les homosexuels cubains devraient avoir mais ne parle jamais du nombre élevé et croissant d'homosexuels qui se prostituent auprès de touristes étrangers. Les institutions répressives, en outre, sont tout à fait corrompues. Dans mon livre, je raconte quelques cas de corruption, mais mes recherches démontrent que la police reçoit des revenus de la prostitution, comme elle en reçoit de la vente de drogue et du marché noir. Dans quelques cas, ce sont les chefs de police eux-mêmes, ou certains officiers supérieurs de l'armée, qui dirigent ces sales affaires.

    Vous vivez aujourd'hui à Berlin. Pourquoi avez-vous quitté Cuba après la publication de votre livre?

    Mon livre n'a jamais été publié à Cuba. Quelqu'un en a lu un exemplaire que j'avais envoyé à un concours cubain; il l'a photocopié et il l'a fait circuler dans l'île. Le livre a circulé de main en main de façon clandestine. Il a aussi circulé grâce au courrier électronique. Des centaines de milliers de Cubains ont pu le lire sans qu'il soit publié. J'étais hors de l'île quand de grands dirigeants du Parti communiste ont dit que mon livre était une attaque à la Révolution. Même Fidel Castro a parlé des horreurs du livre dans l'une de ses dernières réunions avant de céder le pouvoir à son frère. J'étais déjà, à Cuba, un intellectuel très critique face au désastre social, économique et politique que Fidel et Raúl ont provoqué depuis 50 ans. J'étais considéré comme un traître. Chaque année, je voyageais en Espagne parce que mes romans sont publiés par des maisons d'édition espagnoles. Les Cubains sont obligés de demander la permission pour sortir de leur propre pays et y rentrer. En 2005, quand j'ai voulu revenir à Cuba, on ne m'a pas permis d'entrer. J'ai passé trois ans à exiger qu'on me laisser rentrer, et on ne m'a jamais donné de réponse. J'ai su par un diplomate cubain que j'étais sur une liste de personnes à qui le gouvernement cubain interdit de rentrer. Je n'ai donc pas quitté Cuba, on m'en a chassé.

    Judith Lachapelle


    Source: Cyberpresse

    La Havane Babylone : la prostitution à Cuba - Amir Valle




  • Home
  • mardi 18 janvier 2011

    Mélenchon, Cuba et la démocratie

    Mélenchon a encore fait parler de lui, ces derniers jours. Le voilà à défendre le régime cubain, l'un des pires de la planète pour la liberté de presse, et pour la liberté tout court. Mélenchon vire mal. Les Caraïbes sont certes une zone pauvre, et Cuba offre les prestations que la plupart des régimes communistes offraient à leur peuple. Cela n'en fait pas une démocratie, loin de là, et le discours que tient le leader du Parti de Gauche en dit long sur la nature de son sentiment démocratique.

    J'aurais pu comprendre que l'on renvoie dos à dos les dictatures militaires d'Amérique latine des années 70 et le régime castriste, mais certainement pas ce qu'est devenue l'Amérique du Sud aujourd'hui, zone où la démocratie s'est tout de même largement installée.

    Quatremer a bien eu raison de lui renvoyer à la face qu'à Cuba, on rêve avant tout d'économie de marché, celle-là même que vilipende le Che du P.G.

    Je me suis toutefois penché sur certaines déclarations de Mélenchon, car si l'on veut qu'une critique porte, il faut rendre justice là où vérité il y a. Mélenchon réclame la libération de cinq Cubains arrêtés pour espionnage et atteinte à la sécurité nationale des USA en 2002. Il estime que ce sont là des individus persécutés. Il y a un pas entre faire acte de résistance dans un régime despotique, et oeuvrer pour un régime de cette nature. L'argument de Mélenchon est donc nul et non recevable. Toutefois, certaines de ses objections ne sont pas tout à fait fausses : les cinq Cubains arrêtés espionnaient les organisations anti-castristes à Miami. Je n'ai aucune sorte d''estime pour ces organisations-là, souvent très proches de l'extrême-droite républicaine américaine, et impliquées, dans les années 70 dans des coups aussi tordus que dégueulasses : assassinat d'Orlando Letelier, ex-ministre Chilien en 1976, explosion d'un avion de ligne cubain la même année, à la suite d'un attentat dont l'origine ne fait guère de doute.

    Il convient, néanmoins d'apporter des éléments de réflexion au discours mélenchoniste : Mélenchon fait comme si nous vivions encore dans les années 70. Les anti-castristes, en 40 ans, ont évolué, et les générations se sont succédées, différentes les unes des autres. Mélenchon brouille volontairement les cartes chronologiques pour donner un semblant de crédibilité à son argumentation. Certes, les USA maintiennent un blocus autour de Cuba, mais il a été allégé à plus d'une reprise, et, dans tous les cas de figure, cela ne peut s'apparenter à du terrorisme.

    En réalité, les USA sont le premier pays fournisseurs de denrées à Cuba et leur embargo ne concerne ni les médicaments ni les produits alimentaires. Mélenchon oublie également que les USA ont fait en également des propositions en 2002 et 2006 pour mettre fin à l'embargo en échange d'une transition démocratique. En avril 2009, Obama a mis fin aux restrictions sur les voyages d'Américano-Cubains et à la circulation d'argent d'un continent à l'autre sauf quand elle concernait des personnels de l'armée ou de la police.

    Pour tous les démocrates et républicains clairement à gauche, mais sincères, qui envisageaient de voter pour Mélenchon, il est encore possible, d'ici 2012 de se reporter sur d'autres candidatures aux principes éthiques et démocratiques clairs et fiables. Les déclarations de Mélenchon sont significatives des entorses au droit qu'il est susceptible d'admettre. Cela donne froid dans le dos...

    Source: L'Hérétique

  • Home
  • jeudi 13 janvier 2011

    Cuba: une haute responsable américaine a rencontré des opposants à La Havane

    Section des intérêts américains à La Havane
    La sous-secrétaire d'Etat adjointe américaine pour l'Amérique latine, Roberta Jacobson, a rencontré des dirigeants de l'opposition cubaine à la Section des intérêts américains de La Havane, jeudi, au lendemain d'une réunion avec le gouvernement cubain, selon la dissidence.

    Mme Jacobson, numéro deux du département d'Etat pour l'Amérique latine, est la plus haute responsable du gouvernement de Barack Obama à se réunir avec des opposants cubains.

    Cette rencontre a permis de "réitérer le +clair engagement+ des Etats-Unis en faveur des droits de l'homme et de la démocratie à l'échelle mondiale", déclare dans un communiqué la Commission cubaine pour les droits de l'homme, organisation illégale mais tolérée dirigée par Elizardo Sanchez.

    "Elle a pu rencontrer des représentants de l'église catholique à Cuba, des groupes juifs et des membres de la société civile à La Havane", a indiqué pour sa part à Washington Philip Crowley, le porte-parole de la diplomatie américaine.

    Le gouvernement cubain a qualifié de "provocation ouverte" la rencontre.

    Dans un communiqué officiel, le ministère des Affaires étrangères a affirmé que cette rencontre "constitue une violation flagrante des principes et des règles internationales qui régissent les relations entre les Etats". Il s'agit d'"une offense à notre peuple", ajoute le ministère.

    Mme Jacobson avait profité de sa visite mercredi pour demander une nouvelle fois la libération immédiate d'Alan Gross, un Américain de 61 ans arrêté à Cuba le 3 décembre 2009 alors qu'il distribuait du matériel de communication à des opposants, selon La Havane.

    Elle a aussi pu s'entretenir avec M. Gross, a précisé Washington, alors que les Etats-Unis sont "très inquiets" pour la santé de leur ressortissant.

    Outre M. Sanchez, Laura Pollan, dirigeante des "Dames en Blanc", organisation regroupant des épouses et mères de prisonniers politiques cubains, l'ancien détenu de conscience Arnaldo Ramos et plusieurs autres dirigeants de l'opposition ont participé à cette réunion d'une heure.

    M. Ramos a été relâché le 13 novembre dans le cadre du processus de libération de 52 prisonniers politiques promis par le président cubain Raul Castro au cardinal Jaime Ortega, archevêque de La Havane, en mai dernier. Onze d'entre eux sont néanmoins toujours en détention.

    "L'échange d'opinions a eu lieu dans une atmosphère de proximité et de confiance qui présagent des excellentes relations de respect et de bon voisinage qu'il faudra inévitablement reconstruire entre les deux nations", ajoute M. Sanchez.

    En septembre 2009, Bisa Williams, également sous-secrétaire d'Etat adjointe pour l'Amérique latine, mais de moindre rang, avait déjà rencontré une dizaine d'opposants, après une réunion avec les autorités cubaines sur la reprise du courrier direct entre les deux pays, suscitant l'ire de La Havane.

    Elle était à l'époque la première représentante du département d'Etat à se rendre depuis 2002 sur l'île, avec qui Washington a rompu ses relations diplomatiques en 1961.

    Mercredi, Mme Jacobson avait dirigé la délégation qui avait débattu des questions d'immigration avec le vice-ministre cubain des Affaires étrangères Dagoberto Rodriguez Barrera.

    Source: Romandie News

  • Home
  • jeudi 6 janvier 2011

    Cuba entame une année cruciale pour son économie avec des coupures

    Livret d'approvisionnement à Cuba.
    Cuba entame l'année 2011 avec de nouvelles coupures dans le livret d'approvisionnement, symbole de l'égalitarisme de la Révolution dans le cadre de réformes cruciales entreprises par le gouvernement de Raul Castro pour relancer une économie au "bord du précipice".

    Cette décision annoncée jeudi de "supprimer la vente des produits d'hygiène et de nettoyage sur le marché régulé" s'inscrit dans une politique de réduction des dépenses publiques avec notamment les suppressions de 500.000 postes du secteur public (10% de la population active) d'ici la fin du premier trimestre.

    Le carnet d'approvisonnement, créé en 1963 peu après la Révolution marxiste de Fidel Castro, offre aux Cubains un quota mensuel de denrées de base (riz, sucre, huile, pâtes alimentaires, café...) à des prix dérisoires car subventionnés. Réduit comme peau de chagrin au fil des ans, il est désormais insuffisant mais reste une aide non négligeable pour des Cubains qui touchent en moyenne 20 dollars par mois.

    Le gouvernement a annoncé sa suppression progressive d'ici les cinq prochaines années, ce qui lui permettra d'économiser environ un milliard de dollars (750 millions d'euros) par an.

    La mesure de jeudi, en vigueur à partir du 1er janvier, va obliger les Cubains à payer au prix du marché non subventionné le savon et la lessive qui coûteront ainsi 24 fois plus chers (de 0,01 à 0,24 dollar) ou le détergent liquide 7 fois plus (de 0,14 à 1 dollar).

    Devant un magasin de La Havane, Magalys Lopez, 69 ans, estime que "les gens pauvres ne peuvent pas payer ces prix". "Je ne sais pas comment ils feront", dit Mme Lopez qui travaille comme femme de ménage pour arrondir sa maigre pension de retraitée. Miguel Fuentes, autre retraité de 67 ans, est "d'accord pour qu'on élimine du carnet les produits nocifs, comme les cigarettes et le café, mais tout cela est dur".

    "Cette décision ne va pas changer grand-chose. Certains produits d'hygiène avaient déjà disparu du marché régulé ou n'y apparaissaient que rarement. Et ils étaient de très mauvaise qualité", estime pour sa part Esther, une femme de ménage qui gagne beaucoup plus que la moyenne cubaine en travaillant pour des étrangers.

    Source: AngoP

  • Home