jeudi 28 juillet 2011

"Les temps sont durs pour les professionnels de l'indignation"

Les ennemies des mes ennemies, sont mes amis, même si'ls sont des ennemies de son propre peuple. 

Alors que de nombreuses associations avaient appelé à battre le pavé pour manifester contre la guerre en Irak, personne n'ose se mobiliser contre les régimes iranien, syrien et certaines dictatures africaines subsahariennes. Pourquoi?

Il n'y a pas très longtemps de cela. C'était en 2003. A l'appel d'un large éventail d'organisations - altermondialistes, pacifistes, anti-impérialistes - toutes les grandes villes des deux côtés de l'Atlantique, quelques autres aussi, voyaient descendre régulièrement dans la rue des millions de manifestants qui s'indignaient de la « guerre de Bush » contre Saddam Hussein. Une guerre « pour le pétrole», pour faire court.

Répudier la guerre d'Irak, voire la diaboliser comme le fit Michael Moore dans Fahrenheit 9/11, était une question de morale. Quitte pour cela à faire fi des souffrances, ou plutôt du martyre provoqué par un despote qui avait gazé une partie de son peuple, déclaré la guerre à un Etat voisin et envahi un autre, pratiqué, enfin, des tortures insupportables et des assassinats sordides, et qui, à cause de ses exactions, aurait dû être poursuivi et chassé du pouvoir par la communauté internationale. Mais voilà que se réjouir du renversement de Saddam aurait donné l'impression d'approuver la guerre de Bush, ce qui aurait été inadmissible pour les indignés du moment.

Comme il leur aurait été inadmissible, aussi, de faire montre de solidarité envers les Cubains soumis à la férule du régime castriste depuis cinq décennies. Que les dissidents de l'île rouge passent de longues années en prison dans des conditions exécrables, qu'ils sortent de leurs geôles pour prendre le chemin d'un exil forcé, ou pour se faire tabasser dans la rue par des barbouzes, ou pour faire l'objet d'arrestations de courte durée à répétition, cela n'émeut pas les bonnes consciences. Et pour cause : protester contre le régime des frères Castro équivaudrait à faire le jeu des Ricains.

On ferait également le jeu des Etats-Unis, paraît-il, si l'on s'insurgeait avec force contre la répression systématique perpétrée par Beijing sur les Tibétains, les Ouighours et les combattants des droits humains. Le sort de tous ces gens opprimés en Chine se voit passer au compte de pertes et profits de nos protestataires, car le pouvoir chinois a le mérite non négligeable de tenir tête économiquement à l'hyperpuissance américaine.

C'est pour des raisons semblables, pour ne pas aller dans le sens de l'Amérique, que les indignés professionnels n'ont pas organisé une seule manifestation de soutien à ceux qui, depuis 2009 en Iran, et maintenant en Syrie, réclament démocratie et liberté au prix de leurs vies. Logique : comment pourrait-on se rallier à la cause de gens qui ne brûlent pas des effigies de l'Oncle Sam ni des drapeaux israéliens et, pis encore, qui commettent l'affront insupportable, en particulier à Téhéran et à Bengazi, de faire appel à l'aide de l'Occident en général et des Etats-Unis en particulier ?

Manque de chance : l'un des pays du monde arabe qui n'a pas été le théâtre de grandes manifestations contre le pouvoir en place est précisément celui que les professionnels de l'indignation auraient le plus souhaité voir se joindre au mouvement de contestation, c'est-à-dire l'Irak. Histoire de prouver l'inefficacité de la guerre contre Saddam. Or, si la violence sectaire continue à s'y produire - moins que par le passé tout de même - le peuple, lui, n'a pas la motivation pour protester massivement dans la rue. Et pour cause : après le renversement de Saddam, il peut s'exprimer dans les urnes.

L'Afrique subsaharienne n'offre pas, elle non plus, un créneau propice aux indignés. Pourquoi se mettraient-ils à dénoncer l'interminable tyrannie qui détruit le Zimbabwe, alors que son leader suprême, Robert Mugabe, a une place de choix dans le club des anti-occidentaux ? En quel honneur, d'autre part, les indignés auraient-ils réclamé le respect de la volonté populaire en Côte d'Ivoire, alors que cela impliquait le départ d'un « anti-impérialiste », Laurent Gbagbo, au profit d'un Alassane Ouattara choisi par le peuple mais portant le stigmate, aux yeux des indignés, d'avoir travaillé au Fonds monétaire international ?

Remontons enfin vers le Nord, pour rejoindre la foule qui, plusieurs jours durant, avait campé sur la Puerta del Sol à Madrid. Or, cette foule a-t-elle eu un impact sur l'électorat espagnol ? Sans doute, mais pas en tout cas l'impact escompté : lors des élections municipales et régionales qui eurent lieu au moment de la prise de la Puerta del Sol, c'est le centre-droit qui l'emporta.

 Décidément, les peuples ont des priorités, et des soucis, différents de ceux que les professionnels de l'indignation ne cessent d’invoquer.


Fabio Rafael Fiallo

Source: Atlantico


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  • mercredi 20 juillet 2011

    Cuba: le cinéaste Eduardo del Llano revendique le droit de grève

    Eduardo del Llano.
    Le cinéaste et écrivain cubain Eduardo del Llano a réclamé lundi le respect du droit de grève pour les travailleurs, les étudiants et même pour les dissidents, en jugeant qu'"il était temps de cesser de les considérer systématiquement comme un fléau".

    "Une société moderne et démocratique doit prévoir pour ses citoyens le droit d'exprimer publiquement son mécontentement sans que pour cela on les traite de mercenaires ou d'agents de l'ennemi", estime le cinéaste de 48 ans sur son blog http://eduardodelllano.wordpress.com/.

    Eduardo del Llano, qui se présente comme un "partisan critique" de la Révolution de Fidel Castro, affirme que "contrairement à ce que semble penser notre gouvernement, les manifestations de rue ne sont pas l'expression d'une société affaiblie et désunie. Mais plutôt d'une société humaine".

    "Il serait ridicule aujourd'hui de prétendre que dans notre pays les ouvriers n'ont pas de raison de se plaindre et que les seuls insatisfaits seraient les héritiers de l'antique bourgeoisie", poursuit le scénariste d'"Alicia en el pueblo de maravillas" (Alice au village des Merveilles) de Daniel Diaz Torres, récompensé à la Berlinale en 1991.

    Le droit de grève devrait être réglementé par la loi et "si vous n'êtes pas d'accord, organisez une contre-manifestation, tout autant pacifique, et criez les slogans que vous voulez", ajoute le créateur d'une série de courts-métrages autour du Cubain ordinaire mais inclassable, Nicanor O'Donnell.

    "Quant aux dissidents, il est temps que cesser de les considérer systématiquement comme un fléau et d'accepter qu'ils sont -ou devraient être- partie intégrante de la société civile", poursuit Eduardo del Llano.

    Les autorités cubaines qualifient systématiquement les opposants au régime de "mercenaires" à la solde des Etats-Unis. Le président cubain Raul Castro a néanmoins appelé les Cubains à débattre de tous leurs problèmes et les a encouragés à exprimer leurs opinions "de préférence dans un lieu adéquat, au moment opportun et de manière correcte".

    Source: Comme au Cinema

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  • jeudi 14 juillet 2011

    Cuba : l'opposition s'organise



    Plus de 40 dirigeants de l'opposition et ex-prisonniers politiques cubains ont remis mercredi à la presse une nouvelle "plate-forme de transition démocratique" pour Cuba, proposant notamment un "dialogue national", de "nouvelles lois" et un "référendum".

    Dans ce projet baptisé "Le Chemin du Peuple", les opposants proposent de "mettre en place un véritable dialogue national et d'entamer un processus de changement sans exclusive, pour que le peuple puisse conserver les avancées qu'il a créées et modifier souverainement ce qu'il a décidé de modifier".

    "Le document a été rédigé par ses signataires, et je suis convaincu qu'il est viable et nécessaire car le message s'adresse à l'ensemble du peuple de Cuba", a déclaré à l'AFP Oswaldo Paya.

    Dans une "proposition de base", le document demande de nouvelles dispositions légales garantissant la liberté d'expression, de presse, d'association, de culte, de migration interne et externe, ainsi que le droit des citoyens à briguer des mandats publics.

    Les opposants proposent également "un référendum pour que le peuple décide souverainement des changements" constitutionnels et légaux et ouvre la voie à "la participation des citoyens sur ce chemin du changement".

    De même, les signataires souhaitent l'organisation d'"un dialogue national et d'élections libres pour tous les mandats publics et pour une Assemblée constituante".

    "Plus qu'un projet politique, je crois qu'il s'agit surtout d'exprimer la volonté de fixer une position commune dans des circonstances précises", a expliqué à l'AFP Manuel Cuesta Morua.

    Pour Elizardo Sanchez, le document "valide un ensemble d'idées qui permettent d'ouvrir un champ de réflexion, mais ce n'est pas une proposition de transition". "C'est un apport positif pour penser le temps de la transition lorsque celui-ci viendra", a-t-il ajouté.

    En un demi-siècle de régime communiste à Cuba, les opposants, considérés par les autorités comme des "mercenaires" à la solde des Etats-Unis, ont élaboré divers projets et propositions de transition, tous restés lettre morte.

    Le plus connu, le "Projet Varela" -du nom d'un prêtre indépendantiste du 19e siècle-, également élaboré et soutenu par Oswaldo Paya, se présentait comme une pétition pour un référendum d'initiative populaire. Présenté en 2002 au parlement, le projet a été enterré par l'assemblée qui a inscrit dans la constitution le caractère "irrévocable" du socialisme à Cuba.

    Parmi les signataires figurent les opposants les plus connus --Guillermo Fariñas, Laura Pollan, Martha Beatriz Roque, Hector Maceda, Elizardo Sanchez, Oswaldo Paya et Manuel Cuesta Morua-- ainsi que les anciens prisonniers politiques Felix Navarro, Angel Moya, Guido Sigler et Jose Daniel Ferrer.

    Source: Europe1 et AFP

    Le Document (en Espagnol) 

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  • mardi 28 juin 2011

    Zoé Valdés, une grande plume cubaine en résidence à Béthune

    Zoé Valdés.

    Sa plume est mondialement connue. Elle se posera bientôt sur le territoire. Comme les dix autres auteurs en résidence sur la péniche du livre, la Cubaine Zoé Valdés écrira ensuite sur son court séjour dans le Béthunois. Elle enchaîne pendant une semaine les rencontres. Comme au collège Curie d'Auchy-les-Mines, hier. 

    « Vous pouvez prendre une photo, s'il vous plaît ? » À la requête : Zoé Valdés. Écrivain de profession, cubaine de nationalité, plume de renommée internationale. Elle cherche un photographe pour immortaliser cette première rencontre loin de sa péniche de résidence.

    Quelques minutes plus tôt, elle se fait photographier avec les collégiens tout sourire. Pour son blog.
    L'instant semble presque surréaliste. Ces jeunes élèves sont inscrits au collège Joliot-Curie d'Auchy-les-Mines. Pendant plus d'une heure, ils échangent avec l'auteur de La Douleur du dollar, son plus grand succès. L'écoutent plutôt, intimidés. Presqu'autant que leur invitée vedette... Elle qui parle de son oeuvre, son île, son rapport à l'écriture, son histoire. « À 12-13 ans, je voulais déjà être écrivain. Mais être écrivain à Cuba, c'est un problème alors je ne le disais pas. » Elle lit ses poèmes, raconte son dernier livre Le paradis du néant. L'histoire de Yocandra arrivant à Paris, contrainte à l'exil.

    L'histoire de Zoé Valdés, finalement, rejetée loin de son île à la suite du Néant quotidien, son roman désenchanté de 1995. Il lui vaut d'être déclarée persona non grata par les Castro, Fidel puis Raul. Dans cette île qu'elle chérit tant, cette île qu'elle ne désespère pas de retrouver, une fois tombée la dictature hantant ses livres. Le printemps du monde arabe lui donne espoir, confie-t-elle. Relativisant : « On est très limité avec l'accès Internet ». Cuba l'a trahie, écrit-elle à l'envi. « Je ne m'attendais pas à ça. » Elle le dit encore 15 ans après son exil.

    Cuba où posséder un de ses livres coûte 500 dollars à son lecteur. « C'est beaucoup », lâche un jeune Alciaquois, surpris. Lui veut devenir journaliste. Il apprendra de l'oeuvre de Valdés que ils sont souvent emprisonnés à La Havane. Elle les veut libres. « Je ne lutte pas pour le pouvoir à Cuba, précise-t-elle. Ma lutte, c'est la lutte pour la liberté. » La sienne aussi. De revenir un jour, là-bas. Ce pays, elle le décrit dans son dernier roman : « Une île qui a voulu le Paradis et a créé l'Enfer ... » Zoé Valdés sera de passage à la médiathèque Elie-Wiesel à 19 h ce jeudi. Vous pouvez toujours vous inscrire pour le brunch littéraire samedi à 10 h avec la Hongroise Eva Almassy.


    PAR CHARLES-OLIVIER BOURGEOT

    Source: Nord éclair


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  • lundi 20 juin 2011

    Cuba: L'Américain Alan Gross libéré d'ici deux mois?

    Alan Gross avant le procès, à Cuba.

    Un dissident cubain, en grève de la faim pour obtenir la libération d'Alan Gross, un Américain condamné pour crimes contre l'Etat, a annoncé vendredi qu'il avait mis fin à son action après avoir reçu l'assurance que ce dernier serait libéré d'ici deux mois.

    Gross a été condamné en mars à 15 ans de prison par un tribunal cubain pour avoir fourni illégalement du matériel informatique à des opposants du régime castriste.

    Selon Angel Enrique Fernandez, qui avait entamé une grève de la faim avec Vladimir Alejo Miranda fin avril, Gross devrait être libéré d'ici deux mois.

    Réchauffer les relations entre Cuba et Washington

     

    Des responsables cubains se sont rendus à son domicile près de La Havane jeudi et vendredi pour lui annoncer la prochaine sortie de prison de Gross, a indiqué à Reuters le dissident.

    Cette libération, qui pourrait permettre de réchauffer les relations entre Cuba et Washington mises à mal par cette affaire, n'a pas été confirmée par les autorités cubaines.

    Alejo Miranda avait suspendu sa grève de la faim mi-mai.

    Source: 20minutes


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  • mercredi 1 juin 2011

    Cuba: quatre dissidents condamnés à des peines de 3 à 5 ans de prison

    Plusieurs opposants, y compris Elizardo Sánchez (à droite) et Laura Pollan (centre), le 31 mai devant la Cour municipale de 10 Octubre, à La Havane, Cuba.

    La justice cubaine a condamné mardi trois dissidents à cinq ans de prison et un autre à trois pour troubles à l'ordre public, pour avoir jeté des tracts hostiles au gouvernement en janvier face au palais de la Révolution, a indiqué l'opposition.

    Walfrido Rodriguez, 42 ans, David Piloto, 40 ans, et Luis Enrique Labrador, 33 ans, ont été condamnés à cinq ans d'emprisonnement, tandis que Yordani Martinez, 23 ans, a été condamné à trois ans de détention, au cours d'un procès qui s'est déroulé dans un tribunal du centre de la capitale.

    "C'est une recrudescence de la répression politique", a déclaré Elizardo Sanchez, président de la Commission cubaine des Droits de l'Homme (CCDHRN), illégale mais tolérée.

    Selon l'opposant, les quatre dissidents ont été arrêtés mi-janvier après avoir lancé des tracts disant "à bas les Castro", en allusion au leader de la révolution cubaine Fidel Castro et à son frère Raul Castro, l'actuel président cubain.

    Les tracts ont été lancés à un carrefour du quartier El Cerro, dans le centre de La Havane. Les opposants ont ensuite marché pour faire la même chose face au palais, sur la place de la Révolution, où se trouve le siège des principaux organes de pouvoir du régime de l'île communiste.

    Devant le tribunal mardi, selon M. Sanchez, un groupe de partisans du gouvernement ont crié en direction des familles des dissidents, et au moins trois opposants ont été arrêtés pendant quelques heures.

    Les autorités ont libéré récemment 130 prisonniers, dont la majorité ont été exilés vers l'Espagne, au cours d'un processus entamé en juillet 2010 et conclu en mars, dans le cadre d'un dialogue entre le gouvernement et l'Eglise catholique.

    En avril, un mois plus tard, Raul Castro avait assuré que l'opposition n'aurait pas d'espace "sur les places publiques et dans les rues".

    Le gouvernement cubain considère les opposants comme des mercenaires à la solde des Etats-Unis.

    Selon la CCDHRN, il reste une cinquantaine de prisonniers politiques à Cuba.


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  • lundi 23 mai 2011

    A Cuba, la révolution du voyage est en marche !


    A Cuba, voyager est un droit qui se paye cher depuis plusieurs décennies. Mais depuis le 9 mai 2011, un tournant dans l’Histoire s’est produit sur l'île : une des réformes adoptées par les autorités cubaines prévoit des dispositions plus souples pour permettre aux Cubains de voyager à l'extérieur. Comme de véritables touristes.

    Une page de l’Histoire de Cuba vient de se tourner. Pour la première fois depuis 50 ans, les Cubains vont pouvoir voyager hors de leur pays. C’est ce que révèle un plan de réformes adopté par Raul Castro et publié le 9 mai dernier.

    Petit bémol cependant, les grandes lignes de cette réforme restent encore floues et peu de détails sont donnés.

    Aujourd’hui, sans être interdits, les voyages relèvent plus d’un parcours du combattant que de tout autre chose.

    Pour se faire, les Cubains doivent présenter une invitation de l'étranger et une autorisation spéciale, qui coute 110 euros et n'est valable que 30 jours.

    Sans cette autorisation, renouvelable pour d'autres périodes de 30 jours et contre paiement de 40 euros à chaque fois, ils peuvent être déclarés déserteurs et leurs biens peuvent alors être saisis.

    Dans un pays où le salaire mensuel moyen est de l'ordre de 15 euros, le voyage est loin d’être à la portée de toutes les bourses…

    Les Cubains attendent donc avec impatience que la nouvelle stratégie économique soit retranscrite dans la loi pour en savoir plus et pour pouvoir, enfin, boucler leur valise et s’envoler vers un monde… différent.


    Par Anne Lombardo

    Source: TourMagazine


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  • mardi 10 mai 2011

    Cuba: la dissidence accuse la police de la mort d'un des siens, démenti officiel

    Juan Wilfredo Soto Garcia a été roué de coups et incarcéré, selon Yoani Sanchez et des autres dissidents, le jeudi précédant sa mort.

    La dissidence cubaine a affirmé que le dissident Juan Wilfredo Soto était mort dimanche à Santa Clara (centre de Cuba), trois jours après avoir été arrêté et frappé par la police, version démentie par les autorités.

    Un médecin cité par des sources officielles a cependant affirmé que le dissident était mort d'une "pancréatite aigue et d'insuffisance rénale sans marques de violence".

    L'homme "est arrivé à l'hôpital atteint d'une pancréatite aigue qui a déclenché un processus complexe qu'il n'a pas surmonté", a affirmé Ruben Aneiro, médecin de l'hôpital Santa Clara, cité sur un blog officiel.

    M. Aneiro a affirmé sur un autre site officiel que Juan Wilfredo Soto ne présentait pas de "signes de violence physique". Selon la police de Santa Clara, l'opposant n'a été "victime de violences à aucun moment".

    Selon le médecin, en plus des affections qui ont provoqué sa mort, l'opposant était atteint de "diabète, d'hypertension et de cardiopathie", ce qui a compliqué l'évolution de la situation.

    Le dissident Guillermo Farinas a déclaré par téléphone à l'AFP depuis Santa Clara que Juan Wilfredo Soto, 46 ans, était décédé dimanche matin dans un hôpital de cette ville où il avait été conduit jeudi par des policiers qui l'avaient arrêté.

    Un autre dissident, Elizardo Sanchez, a réclamé "une enquête indépendante du gouvernement pour élucider" la mort. "Il n'y a pas le moindre doute qu'il y a une relation de cause à effet et que la mort de Soto est liée aux coups qu'il a reçus" de la police, selon lui.

    Selon M. Farinas, Juan Wilfredo Soto, qui souffrait de problèmes de santé, a été "frappé" et "menotté" par la police après avoir refusé de quitter un parc de Santa Clara.

    Le dissident, qui avait été arrêté à trois reprises et accusé de divulgation de "propagande ennemie", a été conduit dans un poste de police. Le responsable de ce poste, qui était au courant de ses problèmes de santé, "l'a envoyé aussitôt à l'hôpital", a indiqué M. Farinas.

    "Les médecins ont indiqué qu'ils ne pouvaient garantir sa survie à moins d'une opération, et il est mort alors qu'il allait être opéré. On a dit à la famille que c'était une pancréatite", a rapporté M. Farinas, un sociologue de 48 ans.

    M. Farinas, auquel le Parlement européen a décerné en 2010 le Prix Sakharov, a poursuivi pendant 135 jours une grève de la faim pour réclamer la libération de dissidents emprisonnés.

    Il a précisé que Juan Wilfredo Soto souffrait d'hypertension, de diabète et d'insuffisance cardiaque.
    "C'était un homme malade. Nous condamnons les coups brutaux de la police", a déclaré de son côté M. Sanchez.

    Le décès de Juan Wilfredo Soto est intervenu 15 mois après celui du dissident emprisonné Orlando Zapata, mort le 23 février 2010 à la suite d'une grève de la faim pour réclamer une amélioration des conditions de détention.

    Son mouvement de protestation avait été un élément clé dans l'ouverture du dialogue entre le gouvernement et l'Eglise, qui a permis la libération de plus d'une centaine de prisonniers.

    Selon M. Farinas, des dizaines de dissidents dont plusieurs anciens prisonniers politiques ont assisté dimanche aux funérailles de Juan Wilfredo Soto.

    Source: El Watan


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  • mardi 3 mai 2011

    Le Lorientais risque quinze ans de prison à Cuba


     
    Jean-Louis Autret a épousé Yaima à Cuba. Elle risque elle aussi d'être condamnée, mais à cinq ans d'assignation à résidence.
     
    Jean-Louis Autret est détenu depuis 750 jours dans une prison cubaine. Le procureur le soupçonnetoujours de blanchiment d'argent. Il n'a plus qu'une semaine pour préparer sa défense.
     
    L'histoire
     
    Plus que cinq jours. Cinq jours pour compulser les 6 400 pages du dossier d'instruction et préparer une défense digne de ce nom : c'est ce pari, intenable, que doit pourtant relever Me Menelao Mora, l'avocat cubain de Jean-Louis Autret.

    Une course contre la montre est engagée après que le procureur a requis quinze ans de prison contre le Lorientais. Dans l'esprit du magistrat, « l'organisation des sociétés et des comptes tendent à prouver qu'il s'est rendu coupable de blanchiment d'argent », observe, mais conteste, Jean-Pierre Autret, son frère.

    Alors que Jean-Louis s'est installé sur l'île dès 1993, ils acquièrent ensemble, en 2004, un voilier qu'ils revendent rapidement. Les acquéreurs, deux « papys » du milieu nantais, apprendront-ils plus tard, vont s'en servir pour convoyer quelque 2,8 tonnes de cocaïne. Les deux frères ne le savent pas, mais le mal est fait : la justice cubaine vient mettre le nez dans les affaires de Jean-Louis.

    Le 7 avril 2009, le Breton exilé et marié à une autochtone est interpellé, interrogé, emprisonné. « Aucun des problèmes fiscaux qui lui sont reprochés ne justifie une détention aussi longue, témoigne son ami et avocat lorientais, Jean-Michel Yvon. C'est comme s'il était en garde à vue depuis plus de deux ans », sachant que sa dernière audition remonte à juillet 2009...

    Cela fait précisément 750 jours, ce mercredi, que Jean-Louis Autret, 53 ans, est détenu dans une prison cubaine. « Je l'ai deux à trois fois par semaine au téléphone, poursuit Jean-Pierre. Mon frère a pris un coup au moral. Quant à nous, sa famille, nous sommes dans l'expectative. C'est angoissant... »

    Aidé par d'anciens employés de son client (!), l'avocat n'aura disposé au total que de dix-sept jours pour appréhender « ce dossier financier très technique » et rendre ses conclusions. « Comment imaginer construire une défense bien structurée dans un laps de temps aussi court ? Comment, d'ici à mardi, disposer de documents authentifiés par l'administration fiscale et les traduire en espagnol ? »

    Rassemblement à Lorient

    Quoi qu'il en soit, il appartiendra au tribunal, à La Havane, d'examiner les arguments des uns et des autres et de fixer, prochainement, la date du procès. La voie judiciaire est donc tracée après que la carte diplomatique, activée avec l'intervention de l'ambassadeur français pour les Droits de l'homme et le recours à l'avocat et ancien ministre Roland Dumas, n'a semble-t-il pas abouti.

    Reste la mobilisation populaire. Après la création du site Internet www.soutenonsjeanlouis.fr, sa famille et ses proches appellent à un rassemblement devant la mairie de Lorient, samedi 7 mai au matin. L'occasion « de sensibiliser la population locale à cette affaire, de lui faire comprendre l'incapacité qu'a mon frère de se défendre »...

    Yvan DUVIVIER

    Source: Maville


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  • dimanche 24 avril 2011

    Castro impose encore l’armée


    Raul Castro a renforcé son équipe politique avec des militaires. Pour tenter de réduire à néant les velléités de progression de la bureaucratie. C’est le prix à payer pour avancer dans son projet de réforme économique.

    Fidel Castro a officiellement pris sa retraite politique après le congrès historique du Parti Communiste de Cuba. Raul son frère cadet est désormais le premier secrétaire du parti. Sa mission, vaincre l’inertie et imposer ses réformes.

    Des 15 membres de ce nouveau bureau, José Ramon Machado Ventura, le castriste pur et dur âgé de 80 ans sera le numéro deux du régime.

    Castro s’est entouré de conservateurs au sein de son bureau politique pour avoir la main sur le pays et les réformes qu’il souhaite engagées.

    Un paradoxe qui fait sourire plus d’un puisque réformer avec des conservateurs, on sait bien où tout cela peut mener.

    De surcroit 6 des 15 membres du bureau politique sont des généraux de l’armée, et parmi les 115 membres du nouveau comité central, 21 sont soit des officiers supérieurs soit des militaires à la retraite.

    Les militaires auront donc encore plus d’emprise sur l’économie eux qui gèrent déjà des conglomérats et des holdings d’Etat.

    Castro a donc appelé l’armée à la rescousse pour dit-il lutter contre "l'inertie, l'immobilisme et le dogmatisme" d'une bureaucratie paralysée par cinquante ans.


    Julien Mercier

    Source: COMantilles 


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